Green-Score, Planet-Score, affichage environnemental : la jungle des étiquettes vertes

Mis à jour le 7 octobre 2026 · Lecture : 3 minutes · Par Jacques Blandignères

Un même produit peut obtenir une bonne note environnementale dans une application et une note médiocre dans une autre, sans que sa recette ait changé. Plusieurs systèmes coexistent parce que mesurer l'impact d'un aliment sur le climat, l'eau, les sols et la biodiversité oblige à faire des choix de méthode. Voici les principaux, et ce qui les distingue.

Paquet de lentilles vertes Golden Sun
Des lentilles vertes (Golden Sun) : Nutri-Score A et Green-Score A sur Open Food Facts. Pour les légumineuses, santé et environnement vont dans le même sens. Photo : Open Food Facts (CC BY-SA).

Pourquoi un affichage environnemental pour l'alimentation ?

Selon une vaste synthèse publiée dans la revue Science en 2018 (Poore et Nemecek), la production alimentaire représente environ un quart des émissions mondiales de gaz à effet de serre. En France, la loi Climat et Résilience du 22 août 2021 a prévu un affichage environnemental des produits, après une phase d'expérimentation, selon une méthode à définir par l'État.

Le Green-Score (ex-Eco-Score)

Lancé en janvier 2021 sous le nom d'Eco-Score par un collectif d'acteurs indépendants (dont Open Food Facts, Yuka, ScanUp, Marmiton, FoodChéri, Seazon, Etiquettable et ECO2 Initiative), il a été renommé Green-Score par Open Food Facts fin 2024. Il part de l'analyse du cycle de vie des aliments issue de la base publique Agribalyse, puis applique des bonus et malus : labels environnementaux, origine des ingrédients, emballage, espèces menacées. Le résultat est une note de A à E.

Le Planet-Score

Développé par l'Institut de l'agriculture et de l'alimentation biologiques (ITAB) et présenté en 2021, le Planet-Score complète l'analyse du cycle de vie par des indicateurs sur les pesticides, la biodiversité et le climat, et par une information sur le mode d'élevage. Il affiche une note globale et des sous-notes.

Pourquoi ils ne donnent pas les mêmes notes

La principale divergence porte sur l'agriculture biologique. L'analyse du cycle de vie mesure les impacts par kilogramme produit : un produit bio, aux rendements plus faibles, n'y est pas toujours avantagé sur le climat. Le Planet-Score valorise davantage l'absence de pesticides de synthèse et les effets sur la biodiversité, ce qui favorise plus nettement le bio. Aucun des deux n'a « raison » : ils ne pondèrent pas les mêmes enjeux.

CritèreGreen-ScorePlanet-ScoreAffichage officiel
Porteurcollectif d'acteurs indépendants, diffusé par Open Food FactsITABÉtat français
Baseanalyse du cycle de vie (Agribalyse) et bonus/malusanalyse du cycle de vie et indicateurs pesticides, biodiversité, élevageméthode publique en cours de déploiement
Place du biobonus limitéavantage plus marquéselon la méthode retenue
Statutvolontairevolontaireprévu par la loi Climat et Résilience

L'affichage environnemental officiel

La loi prévoit un affichage fondé sur une méthode publique. Sa mise en œuvre a commencé par d'autres secteurs, et pour l'alimentation, le dispositif reste en discussion. À notre connaissance, à la date de mise à jour de cet article, aucun affichage environnemental n'est obligatoire pour les produits alimentaires en France.

Les limites communes

Santé et planète : souvent, mais pas toujours, dans le même sens

Les légumineuses, les légumes et les céréales complètes cumulent en général un bon Nutri-Score et un faible impact environnemental. À l'inverse, les viandes rouges et les charcuteries sont souvent défavorables sur les deux plans : la même synthèse de 2018 situe l'empreinte carbone du bœuf à plusieurs dizaines de kilos d'équivalent CO2 par kilo, contre environ un kilo pour les légumineuses. Les repères nutritionnels français recommandent d'ailleurs de limiter la viande rouge à 500 g et la charcuterie à 150 g par semaine. Il existe des exceptions, comme certains fromages, riches en protéines et en calcium mais à l'empreinte élevée.

Comment les utiliser avec le Nutri-Score

Une approche simple : écarter d'abord les produits notés D et E au Nutri-Score pour les achats du quotidien, puis, à qualité nutritionnelle comparable, préférer le produit le mieux noté sur le plan environnemental. Open Food Facts affiche les deux notes pour de nombreux produits.

Sources

  1. Open Food Facts, présentation du Green-Score (ex-Eco-Score) : fr.openfoodfacts.org
  2. Poore J., Nemecek T., « Reducing food's environmental impacts through producers and consumers », Science, 2018 : www.science.org
  3. Loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 portant lutte contre le dérèglement climatique (loi Climat et Résilience), article 2 : www.legifrance.gouv.fr
  4. Agribalyse, base de données publique d'impacts environnementaux des aliments (ADEME, INRAE) : agribalyse.ademe.fr
  5. Planet-Score, présentation de la méthode : www.planet-score.org
  6. Manger Bouger (Santé publique France), recommandations alimentaires pour les adultes : www.mangerbouger.fr

Par Jacques Blandignères, créateur de Nutri-Guess.

Les notes attribuées à des produits types sont calculées avec les grilles officielles de l'algorithme actualisé du Nutri-Score ; un produit réel peut différer selon sa recette. Notre méthode · Signaler une erreur

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